La conscience : dans le monde mais non du monde

La conscience a une double nature : yin / yang, shakti / shiva, féminin / masculin, immanente et transcendante :

 

– Immanente. Dans le monde.

La conscience permet de fonctionner dans le monde, d’être efficace, approprié.

C’est l’aspect Terre. La dimension horizontale.

La conscience, c’est le réalisme. – Grand vainqueur des idéologies du xxe siècle.

 

– Transcendante. Non du monde.

La conscience ne s’identifie à rien. Elle est libre de toute convention, de toute contrainte.

C’est l’aspect Ciel. La dimension verticale.

C'est la liberté. Le rire, aussi.

 

Immanence et transcendance. Horizontalité et verticalité. La croix, l’étoile de David, symbole existant également dans l’hindouisme, dénommé Shatkona.

« Dans le monde mais non du monde » disait le Christ [1].

Dans l’action et hors de l’action, « comme une actrice », clament les Shiva-Sûtra

 

Les maîtres indiens résument ce double aspect de la conscience ainsi :

« Ceci et cela [2]. » « Ni ceci, ni cela [3]. »

 

« Ceci et cela. »

C’est la voie du cœur. Je suis tout. Tout est énergie.

Amour inconditionnel et universel.

« Ni ceci, ni cela. »

C’est la voie de l’esprit. Je ne suis rien ou « Je suis ».

Renoncer à toute identification.

Rester établi dans la source, dans la pure perception ou présence, sans commentaire [4].

 

Le sage Sri Nisargadatta Maharaj a magnifiquement résumé ces deux voies :

« Quand je vois que je ne suis rien, c’est la sagesse.

Quand je vois que je suis tout, c’est l’amour.

Et entre les deux, ma vie s’écoule [5]. »

 

 

En quelques lignes, voilà résumées des milliers de pages d’Écritures sacrées et de quoi cheminer toute une vie.

 

Perfection du shivaïsme cachemirien et de l’advaïta Vedanta.

 

 

                                                        

 

[1] Jean, 17.14-16.

 

[2] In L’enseignement de Mâ Ananda Moyî, Albin Michel, 1998, p. 135.

Cf. aussi Rien n’existe qui ne soit Siva, Swami Muktananda, Saraswati, 1998.

 

[3] Déclaration majeure du Vedanta ; Brhad-âranyaka-upanishad, traduite et

annotée par Émile Senart, Belles Lettres, 1967, II.3.6, III.9.26.

 

[4] Cf. Sri Nisargadatta Maharaj, Je suis, Les Deux Océans, 1982.