La pulsion d'expansion : du fini à l'inifini

Tous les problèmes actuels peuvent être réduits à cela :

la pulsion d’expansion mal placée ; à savoir, sur l’extérieur.

Une pulsion d’infini placée sur du fini.

La sacralisation aveugle de la croissance économique en est le symptôme principal. Le transfert fait, en Occident, sur le sport en général et le football en particulier en est un autre  (sport et football sont investis d’une aura quasi-divine, métaphysique).

 

L’être humain aspire viscéralement à l’infini : à une communion plus grande avec le réel, à une incandescence plus forte, à une présence plus totale…

 

Mais le terrain de jeu extérieur lui signifie aujourd’hui qu’il ne lui permettra pas de satisfaire ce désir d’infini.

Le monde entier ne peut pas vivre sur le mode de vie occidental, c’est désormais clairement établi.

 

Or, un espace infini réside également à l’intérieur.

Placer donc la pulsion d’expansion sur l’intérieur ; espace infini (la physique quantique l’a démontré), à peine encore exploré par l’être humain.

L’aventure intérieure, dernière grande aventure.

Seule aventure réalisable à l’infini et pour tout le monde.

 

La croissance ? Oui, mais plus à l’extérieur.

À l’intérieur : connexions, arts, culture, fêtes…

 

L’échec de toutes les civilisations est venu de cette incapacité à identifier un but réalisable à l’infini et pour tout le monde.

L’espace intérieur est le seul espace d’expansion infinie.

 

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« L’espace intérieur » : prendre l’intérieur pour point d’appui, rester présent à soi, à l’autre et à l’environnement.

La méditation est un des outils qui peut y aider.

« Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie[1] » ?

Plonge dedans ! Crie, pleure, hurle.... Tu n’en mourras pas. Ton ego peut-être un peu.

Accepte le vide et tu gagneras la plénitude, disent taoïsme, bouddhisme, Vedanta, shivaïsme…

 

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Cela demande de ne pas se faire leurrer par la surpuissante  machine à combler le vide qu’est Internet.Par son continuum dans le quotidien via le smartphone et ses interconnexions devenues permanentes (commentaires, chats, like, statuts, photos, vidéos… !),

Internet paraît en effet réussir ce tour de force auquel aucun autre divertissement n’était jusque-là parvenu : donner l’illusion, à un certain point, que le vide a disparu.

C’est sa puissance, c’est aussi son emballement et sa folie. Car en même temps qu’elle paraît faire disparaître le vide, cette interconnexion fébrile épuise et sape les vraies possibilités de plénitude.

Outil fantastique, Internet est aussi le poison. – Encore et toujours la question du dosage et de la régulation.

 

Ce faisant, Internet créé les conditions pour le triomphe de la méditation.

En épuisant le mental, Internet prépare sa reddition.

Tandis que les commentaires prolifèrent, la méditation, qui se définit précisément par « l’absence de commentaire », va offrir un espace de ressourcement de plus en plus indispensable. Puis elle mettra en évidence le contratse entre une interconnexion qui se joue surtout au niveau mental, et la plénitude de la présence.

La société occidentale est ainsi devenue matérialiste par défaut : n’ayant rien trouvé de mieux, elle a placé l’infini dans la matière. Avec l’impasse que l’on sait du modèle de développement actuel.

L’enjeu aujourd’hui est de remettre le métaphysique à sa place, à savoir non plus dans la matière, mais dans la conscience-présence.

Cette eau qui étanche toute soif.

 

Par la présence, l’accès au monde est infini, à chaque seconde.

« Toute sensation est d’une présence infinie. » (André Gide [2])

« Si les portes de la perception étaient purifiées, chaque chose apparaîtrait à l’homme telle qu’elle est, c’est-à-dire infinie. » (William Blake [3])

 

Concrètement, cela signifie notamment de reconnaître que le point de départ et d’arrivée de toute action, comme de toute civilisation, est la méditation ou conscience-présence.

Qui seule ouvrira les portes de l’infini.

 

 

                                                     

 

[1] Pascal, Pensées, 233.

 

[2] Les nourritures terrestres, op. cit.

 

[3] Le mariage du ciel et de l'enfer, op. cit.

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